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Vaginoplastie:

Opération de réattribution de sexe de type "homme vers femme" (MtF)

 

Notes historiques, descriptions, photos, références et liens.

 

Par Lynn Conway (Fr)

Copyright @ 2000-2005, Lynn Conway.

Tous droits réservés.

 

Traduit par Marie-Noëlle

Révisé par Nathalie

 

A droite: Photo des organes sexuels externes d'une femme transsexuelle (avec les jambes grandes ouvertes par des étriers et ses lèvres partiellement ouvertes) après avoir bénéficié d'une vaginoplastie et d'une labiaplastie effectuées par le Dr Eugene Schrang, M.D. de Neenah, WI.

 

Anglais

 

 

 

 

 

 

Cette page esquisse l'historique du développement et les détails de la vaginoplastie (souvent appelée "opération de réattribution de sexe" (SRS en anglais), ou, parfois "opération de réattribution de genre" (GRS en anglais)). Avant de lire cette page, assurez vous que vous êtes familier-es des notions d'identité sexuelle, d'identité transgenre et de transsexualité (Fr) présentées ailleurs sur ce site, afin de pouvoir comprendre ce que les femmes entreprennent quand elles bénéficient de cette opération. Cette page a pour but de confirmer que les femmes transsexuelles opérées ont réellement des organes sexuels externes féminins. Elles ont également pour but d'aider les lecteur-trice-s à mieux comprendre certaines des épreuves que les femmes transsexuelles endurent pour pouvoir obtenir la restauration de leur corps.

 


 

 

NOTE IMPORTANTE: Cette page contient des éléments visuels et d'autres informations médicales qui peuvent choquer ou profondément perturber certaines personnes.

 

N'ALLEZ PAS PLUS LOIN DANS VOTRE LECTURE si vous êtes hypersensibles à ce qui touche aux opérations chirurgicales ou si vous ressentez de l'anxiété à propos de vos propres organes sexuels.

 

L'accès à ces informations médicales N'EST PAS AUTORISE pour les personnes DE MOINS DE 18 ANS. En continuant votre lecture, vous certifiez par votre geste que vous avez 18 ans ou plus.

 

 

 


 

 

 

Table Des Matières

 

 Elements historiques

 Le développement des opérations modernes de réattribution de sexe (SRS)

 Les premières opérations aux U.S.A

 Diagrammes des premières procédures de l'hôpital John Hopkins (MtF)

 L'opération devient un traitement accepté pour la transsexualité aux U.S.A

Le protocole actuel pour valider le besoin d'une vaginoplastie pour les transsexuelles (SRS)

Des photos de résultats de vaginoplasties récentes 

Soins postopératoires, suite à une vaginoplastie

Excitation sexuelle, actes sexuels et orgasmes pour les femmes transsexuelles opérées 

 Quels sont les chirurgiens pratiquant la vaginoplastie le plus activement aujourd'hui?

 Sites contenant des photos des résultats de nombreuses vaginoplasties pratiquées par divers chirurgiens

 Quelques options qui peuvent réduire le coût et faciliter la féminisation et une transition précoce

 Achèvement de la féminisation du corps des femmes transsexuelles par des opérations correctives

 Les joies et les miracles d'une restauration complète du corps de la personne

 

 

 

 

Eléments historiques

 

La transsexualité n'est pas une "découverte moderne". En fait, c'est une variation de l'identité sexuelle des être humains pas si rare que ça, qui se produit naturellement, et qui a été observée et documentée depuis l'antiquité. Dans de nombreuses cultures, y compris les indiens d'Amérique du Nord des personnes transsexuelles ont depuis longtemps la possibilité de vivre leur vie et de se vêtir comme des femmes et même de prendre des maris (il existe aussi des cas inverses, de personnes s'identifiant et vivant comme des hommes, cf. Will Roscoe, "Changing Ones: Third and Fourth Genders in Native North America" Palgrave MacMillan , ndt). L'altération chirurgicale des organes sexuels pour soulager d'une angoisse intense d'être dans le mauvais corps n'a pas non plus été inventée au 20ème siècle. Dans certaines cultures, dont de très anciennes, nombre de personnes transsexuelles ont entrepris des opérations pour modifier leur corps et corriger leur sexe.

 

Les anciens avaient en permanence sous leurs yeux les effets de la castration. Son utilisation dans la domestication des animaux a rapidement appris aux anciens que le fait d'enlever les testicules assez tôt à un jeune homme empêcherait aussi la masculinisation de son corps. Une telle personne aurait pour toujours une apparence "enfantine", proche de celle d'une jeune fille avant la puberté. De telles interventions étaient souvent réalisées de force sur de jeunes prisonniers afin de les "apprivoiser" et d'en faire des "eunuques". Le fait de pratiquer de telles interventions sur des hommes ayant passé leur puberté ne change en rien leur identité sexuelle ni leurs sentiments relatifs à leur genre, mais cela réduit quelque peu leurs pulsions sexuelles et réduit fortement leur capacité à développer une forte musculature masculine.

 

L'accumulation des connaissances sur les effets de la castration a aussi été utilisée pour aider des transsexuelles: pendant des milliers d'années, un nombre inconnu de millions de transsexuelles ont volontairement recherché et entrepris des opérations bien plus risquées et dramatiques qu'une simple castration. Dans de telles opérations, les transsexuelles sont complètement émasculées, en supprimant complètement leurs testicules, le pénis et le scrotum. De plus, la zone du pubis est grossièrement sculptée pour ressembler à la vulve d'une femme. Personne ne sait précisément comment ni ou cela a commencé. Mais de telles opérations étaient bien connues à l'époque des grecs et aussi dans la Rome antique qui était très permissive en la matière. Elles étaient souvent entourées de rites religieux qui fournissaient une place dans la société à ces femmes.

 

En entreprenant de telles interventions, de jeunes transsexuelles, si elles survivaient, évitaient non seulement de rester dans le corps d'un homme, mais gagnaient aussi des organes génitaux externes qui ressemblaient à ceux des autres femmes. Dans le passé, de jeunes transsexuelles pouvaient néanmoins vivre une meilleure vie, en tant que femme, en entreprenant une telle opération bien qu'il leur manquait un vagin, un clitoris et les effets très puissants des hormones féminines.

 

Même aujourd'hui, en Inde et au Bangladesh, un très grand nombre de jeunes transsexuelles désespérées s'enfuient de leur famille pour rejoindre la caste des "Hijras". Pour devenir un Hijra, ces adolescentes entreprennent volontairement une émasculation complète dans des conditions très primitives, juste comme cela se passait dans l'antiquité, avec de l'opium pour seul anesthésique. La plupart d'entre elles entreprennent cette opération durant leur adolescence juste après le début de leur puberté, avec des résultats comparables à ceux que vous pouvez voir sur la photo ci-dessous. En étant castrées juste à temps, la plupart d'entre elles évitent le développement de caractéristiques sexuelles secondaires (sauf, malheureusement, pour la mue de la voix), et leurs corps reste gracile, doux, comme celui d'un enfant ou d'une jeune fille juste avant la puberté.

 

Contrairement aux croyances populaires, une émasculation totale ne rend pas une personne asexuée. Une castration complète juste après le début de la puberté laisse aux hijras leurs sensations d'excitation sexuelle et leurs capacités d'avoir des orgasmes. Alors qu'une telle opération aurait pour conséquence d'estropier la libido d'un homme normal, les effets sur des jeunes femmes transsexuelles est exactement l'inverse! Cette opération est libératrice et facilite une expression plus pleine de leur sensualité et de leurs sentiments amoureux. Tout comme pour les femmes transsexuelles opérées avec des moyens modernes, nombre de Hijras peuvent avoir de fortes excitations sexuelles avec ce qui reste de leurs organes génitaux (quand bien même elles n'ont plus les tissus conservés par les opérations modernes, elles conservent la partie interne du corps caverneux, qui est érectile, et, bien sûr, la prostate avec sa capacité à produire les spasmes des orgasmes). Bien que les Hijras n'aient pas de vagin, nombre d'entre elles apprécient des rapports sexuels anaux avec les hommes et les orgasmes qui vont avec. En raison de leur émasculation complète, la région pelvienne des Hijras a une apparence très féminine. En Inde, nombre d'hommes apprécient beaucoup les relations sexuelles avec elles. En retour, les Hijras acceptent leur sort et leurs possibilités limitées, mais réelles, de trouver au moins un peu d'amour en tant que femme dans cette vie.

 

 

Une jeune Hijra en Inde, montrant ses organes génitaux

 

Photo extraite du livre

Hijra-The Third Gender in India

par

Takeshi Ishikawa

 

 

La plupart des Hijras vivent leur vie de femme avec d'autres Hijras en formant des "familles" et gagnent leur vie en se produisant dans des cérémonies traditionnelles, dont les mariages et les baptêmes. Nombre d'entre elles travaillent également en tant que prostituées et mendiantes dans cette caste inférieure de l'inde traditionnelle. Certaines Hijras ont cependant assez de chance, aujourd'hui, pour pouvoir disposer d'hormones féminines et peuvent ainsi féminiser leur corps, avoir une poitrine et développer des formes encore plus féminines. La combinaison de l'émasculation au début de l'adolescence combinée avec l'utilisation d'oestrogènes permet maintenant à certaines Hijras de devenir très belles, même si, malheureusement, elles n'ont pas d'organes sexuels féminins (un vagin et un clitoris) et si elles ne sont pas complètement acceptées comme des femmes.

 

La caste des Hijras prend ses origines dans la société indienne traditionnelle, il y a plusieurs siècles. Son existence permet aux transsexuelles d'échapper à l'angoisse et aux conséquences de la masculinisation de leurs corps durant la puberté. Elle leur procure également une place établie, bien que marginale, dans la société Indienne. Les mesures extrêmes que prennent ces jeunes transsexuelles pour pouvoir avoir, même approximativement, le corps d'une femme, tout en sachant pertinemment qu'elles ne reverront plus jamais leur famille et qu'elles vont se voir complètement marginalisées pour le reste de leur vie est une preuve manifeste de la réalité et de la force du conflit qu'elles vivent.

 

Aujourd'hui, elles sont plusieurs millions en Inde et au Bangladesh. Pour plus d'information à leur sujet, consultez le site "Kinnar" (Hijra) à http://www.kinnar.com/ ainsi que le reportage de la BBC sur les Hijra au Bangladesh. On peut trouver de superbes photos de Hijras dans le livre Hijra-The Third Gender in India , de Takeshi Ishikawa. Bien qu'entourées de secret et de mystère pendant des siècles, ce qui pousse de jeunes adolescentes à devenir des Hijras est clairement leur transsexualité. C'est ce que dit Dhanam, la leader d'une famille Hijra (une "gourou"):

 

"Nous sommes nées avec un conflit d'identité de genre. Il ne provient ni de l'imitation ni d'un apprentissage, mais c'est un instinct naturel qui nous pousse à féminiser nos corps" - Dhanam

 

Il n'est pas rare, même dans le monde occidental moderne que de jeunes transsexuelles complètement seules et désespérées "se fassent Hijras" elles-mêmes. En s'émasculant elles-mêmes et en demandant au système médical de "finir le travail", elles peuvent réaliser une opération de réattribution de sexe bon marché tôt dans la vie. Nombre de femmes ont eu recours à cette méthode aux Etats-Unis et ont ensuite féminisé leur corps avec des oestrogènes. Elles sont ainsi rapidement devenues crédibles et souvent séduisantes. Mais la perte de tissus fait qu'il est nettement plus difficile de reconstruire un vagin. En particulier dans les années 50 et au début des années 60, quand il y avait de très sévères restrictions sur les opérations de réattribution de sexe sur des "mâles intacts" dans les hôpitaux américains, un encore plus grand nombre de jeunes adolescentes ont eu recours à l'autocastration afin d'éviter de voir leurs corps se masculiniser.

 

La longue histoire des opérations de type "Hijra" s'étend de l'antiquité jusqu'à aujourd'hui où elle continue dans des pays comme l'Inde et le Bangladesh. Une connaissance détaillée des conséquences postopératoires de ce type d'émasculation a fourni un cadre empirique important pour le développement des opérations modernes de réattribution de sexe.

 

 

 

Le Développement des procédures modernes d'opération de réattribution de sexe (SRS)

 

[A compléter:  Description des progrès de la chirurgie plastique et reconstructive après la première guerre mondiale, ainsi qu'une description des travaux qui ont permis la création de la vaginoplastie pour les femmes transsexuelles autour des années 1930 par le Dr. F. Abraham, en Allemagne, -- cf. http://www.symposion.com/ijt/ijtc0302.htm#Case%201 - - - ]

 

Avec les avancées rapides en matière de traitement hormonal et de chirurgie plastique et reconstructive après la fin de la seconde guerre mondiale, il est finalement devenu possible d'envisager une solution médicale et chirurgicale complète pour les personnes transsexuelles (à la capacité d'enfanter près, ndt). Dans les années 50, la vie des femmes transsexuelles a commencé à changer radicalement grâce à la disponibilité de traitements hormonaux, ce qui leur a permis de développer une poitrine, d'adoucir leur peau et de féminiser les contours de leur corps. Dans les années 50, quelques chirurgiens ont aussi commencé à tester des opérations destinées à reconstruire des vagins chez les personnes transsexuelles, en utilisant des greffons de peau prélevés sur les cuisses ou les fesses, en utilisant les techniques récemment développées pour reconstruire des vagins pour des femmes intersexuées.

 

Christine Jorgensen, une citoyenne des Etats-Unis fut une des premières transsexuelles à entreprendre une telle opération de "changement de sexe". Cette dernière fut mise sur la scène publique en 1952 par un magazine américain, peu après sa première opération et son histoire fit immédiatement sensation. Au travers de son histoire, nombre de transsexuelles apprirent pour la première fois qu'il existait de nouveaux traitements hormonaux et chirurgicaux. Mais l'accès à ces nouveaux traitements étaient limité à un petit nombre de patientes en Europe.

 

Au moment de l'opération de Christine Jorgensen, dans les années 50, les médecins commençaient par enlever les organes masculins en une ou plusieurs opérations. Le patient attentait alors pendant une longue période de convalescence. Puis, ils pratiquaient alors une opération destinée à créer un vagin, comme avec les patientes intersexuées en utilisant des greffons de peau prélevés sur les cuisses ou les fesses (la vaginoplastie de Christine Jorgensen eut lieu en 1954).

 

 

La pionnière transsexuelle Christine Jorgensen,

qui entreprit une des premières opérations de réattribution de sexe en 1952-54

 

 

Bien que les patientes fussent ravies des résultats (en particulier en comparaison de leur situation précédente), ce premier protocole comportait des problèmes majeurs. Les greffons de peau n'étaient pas fiables, et parfois ne "prenaient" pas. Leur utilisation laissait aussi de larges cicatrices défigurantes sur les sites où la peau était prélevée. De plus, tout le tissu génital sensible était définitivement perdu durant la première étape, ce qui limitait considérablement les sensations des patientes en matière d'excitation sexuelle et de capacité d'avoir un orgasme.

 

Depuis la fin des années 50 et dans les années 60, plusieurs centaines de transsexuelles ont consulté le Dr Harry Benjamin, un médecin et endocrinologue plein de compassion qui avait son cabinet à New York N.Y et à San Francisco CA. Le Dr Benjamin fut le premier médecin et chercheur à explorer la distinction entre les identités transgenres et l'homosexualité. Au lieu de voir les transsexuel-les comme des malades mentaux déviants, comme le faisaient (et le font encore trop souvent, ndt) la plupart des psychiatres de l'époque, il commença à comprendre que les transsexuel-les souffraient réellement d'une condition d'origine inconnue. Il s'efforça de tenter d'alléger leurs souffrances et commença à prescrire des oestrogènes à des patientes sélectionnées en réponse à leur demande profonde de féminisation de leur corps. Il maintenait aussi un suivi très serré des résultats des opérations de réattribution de sexe et commença à recommander les personnes qui avaient les sentiments les plus intenses aux chirurgiens qui avaient les meilleurs résultats.

 

Puis, à la fin des années 50, un chirurgien plasticien français nommé Georges Burou inventa la procédure moderne d'inversion d'opération de réattribution de sexe par inversion de la peau du pénis pour les femmes transsexuelles. Différentes variations de son protocole ont été utilisées depuis. L'innovation essentielle du Dr. Burou fut d'utiliser les organes génitaux masculins comme source de peau et de tissu érectile pour créer les nouveaux organes féminins, vagin inclus.

 

 

[ Un grand merci à Pascale pour avoir fournie les photos du Dc Burou ]

 

Le Dr Burou effectuait ces opérations dans sa clinique à Casablanca, au Maroc. En 1958-60, plusieurs actrices célèbres et très belles du club Le Carrousel à Paris, dont Coccinelle (plus d'infos), Bambi et April Ashley, bénéficièrent avec succès du travail du Dr. Burou. Nombre d'entre elles avaient reçu au Carrousel un traitement hormonal et elles étaient devenues très belles, féminines et sexy. Plusieurs d'entre elles retournèrent au club après leur opération. Leur "changement de sexe" réussi devint vite une affaire publique et elles furent recherchées par de nombreux hommes célèbres et fortunés. Certains, dont Aristote Onassis "sponsorisaient" de temps à autres l'opération de changement de sexe de filles du Carrousel qui devenaient alors leur maîtresse pour un temps.

 

 

 

 

Le Dr Burou devint célèbre et très connu aussitôt que son travail fut connu. Sa "Clinique du Parc", 13 rue de La Pebie à Casablanca fut assiégée par les transsexuelles du monde entier. Il effectua alors plusieurs centaines d'opérations chaque année. En 1973, le Dr. Burou donna la première présentation publique formelle de sa technique chirurgicale lors d'une importante conférence interdisciplinaire sur le transsexualisme qui se tenait à la faculté de médecin de Stanford. Au moment de la conférence de 1973, il avait effectué plus de 3000 opérations de réattribution de sexe. A ce moment, nombre d'autres chirurgiens dans le monde avaient adopté la technique du Dr Burou et appliquaient des protocoles similaires.

   

  

 Les pionnières transsexuelles Coccinelle (g), Bambi et April Ashley (d)

furent parmi les toutes premières patientes du Dr. Burou (in 1958-1960)

 
 

 

Les éléments clefs de ces opérations étaient (i) l'utilisation de la peau de pénis et du scrotum pour former les lèvres et un vagin fonctionnel (ce qui évitait aussi les marques laissées par les premiers protocoles qui recouraient à de grands greffons de peau) et (ii) la récupération astucieuse des corps caverneux ainsi que de certains nerfs et de petites parties de tissu érectile. Réalisée avec soin, la patiente peut ressentir de fortes sensations d'excitation sexuelle (l'érection des parties conservées des corps caverneux qui ont été placées dans son corps) et elle peut facilement ressentir des orgasmes (la prostate reste intacte, et elle peut produire des spasmes durant l'orgasme tout comme avant l'opération – alors que le tissu nerveux qui traverse les corps caverneux, le clitoris et la vulve produit des vibrations et des détentes en même temps, comme chez n'importe quelle autre femme).

 

La pratique du Dr Benjamin grandit rapidement au fur et à mesure que de plus en plus de transsexuelles apprenaient qu'elles pouvaient obtenir un traitement respectueux de sa part. Il commença à recommander un nombre croissant de patientes aux chirurgiens, en particulier le Dr Burou à Casablanca. Au milieu des années 60, plusieurs autres chirurgiens d'envergure avaient commencé à pratiquer les opérations de réattribution de sexe sur la base du protocole du Dr Burou à l'étranger. Le Dr Benjamin commença à leur adresser également des patientes. Le plus important d'entre eux fut le Dr Jose Jesus Barbosa, un chirurgien plasticien célèbre de Mexico (Le Dr Barbosa fut le chirurgien de Lynn et il avait effectué plus de 300 opérations en 1973).

 

Mais de telles opérations étaient toujours inconnues aux Etats-Unis même au milieu des années 60. Sous la pression intense de groupes religieux (fondamentalistes, ndt) qui ont commencé à agir à la suite de la publication du cas de C. Jorgensen en 1952, la plupart des hôpitaux des Etats Unis édictèrent une politique qui interdisait explicitement de telles opérations, et les actions des fondamentalistes destinées à interdire tout traitement hormonal et chirurgical des personnes transsexuelles étaient très vifs. De plus, la communauté médicale américaine les considérait comme "gravement psychotiques" plutôt que souffrant d'une condition d'origine biologique. Au lieu de recevoir de l'aide pour faciliter leur transition de la part des professionnels de la médecine, nombre d'entre elles furent hospitalisées de force dans des hôpitaux psychiatriques ou on essayait de "les guérir de leur maladie mentale" par les électrochocs et par des "thérapies d'aversion" (en d'autre mots, par la pratique de la torture institutionnalisée, ndt).

 

A la fin des années 50 et durant les années 60, nombre de femmes dont les sentiments transsexuels étaient tout particulièrement intenses en sont venues à se castrer elles-mêmes afin de se féminiser et afin de contourner les restrictions des hôpitaux sur l'ablation des testicules sur des "mâles intacts". Une fois que ces personnes n'étaient plus intactes, elles espéraient pouvoir obtenir qu'un hôpital finisse le travail, pour autant qu'elles aient l'argent pour payer l'intervention. Consultez, par exemple, l'histoire de la pionnière Aleshia Brevard. Quand elle était jeune et qu'elle avait pu obtenir des oestrogènes pour féminiser son corps, elle devint une des stars de Finocchio's, un des night clubs de San Francisco les plus lus fameux pour ses "imitateurs de femmes" (de l'anglais "female impersonator", ndt). Après s'être émasculée elle-même afin de féminiser son corps, Aleshia put bénéficier d'une opération de réattribution de sexe aux Etats-Unis. En 1962, avec l'aide du Dr Benjamin, Aleshia laissa son passé derrière elle et commença une vie nouvelle, totalement distincte de la précédente (ce que les anglophones appellent le "stealth mode", ndt), comme la plupart des femmes transsexuelles des années 60. Elle devint une artiste de spectacle, une "Playboy Bunny", (une hôtesse de l'un des clubs "Playboy"), puis une actrice connue de cinéma, de théâtre et de télévision et elle se maria 3 fois! Ce n'est que très récemment que Aleshia revint sur la scène publique dans le but de raconter son histoire dans un superbe livre.

 

 

 

Aleshia (avant l'opération) comme la star "Lee Shaw"

de Finocchio's en 1961

 

 Aleshia Brevard,

peu après son opération en 1962

 

Aleshia devenue actrice, sans lien avec son passé,

au début des années 1980 

 

 

 

Premières opérations de réattribution de sexe aux Etats-Unis

 

En 1966, enfin, des chirurgiens de l'hôpital John Hopkins commencèrent à pratiquer des opérations de réattribution de sexe de type homme-vers-femme (MtF) en quantité limitée pour les patientes de la nouvelle "clinique d'identité de genre" de l'hôpital. Les médecins de cet hôpital considéraient les transsexuelles comme des malades mentaux, mais ils croyaient aussi qu'il n'y avait pas de méthode psychologique pour renverser "l'identité sexuelle mal formée". Dans le cadre d'un programme expérimental, ils ont commencé à explorer la possibilité d'aider leurs patientes par la chirurgie, comme le recommandait le Dr Benjamin. Les chirurgiens de l'hôpital John Hopkins utilisaient une variante du protocole du Dr Burou.

 

A l'automne 1966, les journaux du pays propagèrent l'article suivant, repris du New York Daily News:

 

"En faisant le tour des clubs de Manhattan ces jours, nous avons rencontré une étourdissante femme qui admet avoir été un homme il y a moins d'un an et qui ajoute qu'elle a entrepris une opération de réattribution de sexe à l'hôpital John Hopkins de Baltimore. Chose étonnante, l'hôpital confirme l'existence de ce cas, et indique que cette patiente a suivi une psychothérapie. De telles opérations, bien qu'elles soient rares dans notre pays ne sont ni illégales ni contraires à l'éthique selon le porte-parole de l'hôpital. Des représentants de nombre d'autres hôpitaux sont d'accord avec ce dernier quant à la légalité et le caractère éthique de ces opérations, mais aucun d'entre eux n'a connaissance d'autres opérations similaires pratiquées à New York".

 

Puis, le 21 novembre 1966, le New York Times publia un article de première page approfondi sur le transsexualisme. L'article du New York Times donna une large information sur les traitements chirurgicaux et hormonaux faits à l'étranger et sur le nouveau programme de l'hôpital John Hopkins où plusieurs opérations avaient récemment eu lieu. L'article mentionnait aussi le Dr Benjamin comme l'une des personnes faisant autorité sur le plan mondial en matière de transsexualité, et comme l'auteur d'un nouvel ouvrage sur le sujet intitulé The Transsexual Phenomenon (suivez ce lien pour accéder à une version online du texte originel).

 

Le Dr. Harry Benjamin

 

Le grand pionnier de la médecine et le médecin plein de respect et de compassion

[photo prise par Lynn Conway en 1973]

 

Le Dr Benjamin ouvrit un nouveau domaine de connaissance en matière de transsexualité. Son texte médical qui causait un changement de paradigme décrivait ses expériences avec de nombreuses patientes sur plusieurs décennies. Il était le premier chercheur à admettre que l'identité sexuelle et l'orientation sexuelle étaient deux dimensions indépendantes de chaque personne. Le Dr Benjamin insiste sur le fait que les personnes "intensément transsexuelles" peuvent et doivent être traitées, afin de leur permettre de vivre dans le genre qui leur correspond. Son livre documente les résultats des nouveaux protocoles en matière de traitement hormonaux et chirurgicaux et place ces traitements dans un cadre rationnel, en tant que thérapie de la transsexualité. Ce livre donna un grand espoir à de nombreuses transsexuelles et ouvrit les portes pour les approches modernes que nous prenons maintenant pour garanties (ça dépend où! En Europe francophone, elles sont loin de l'être! Ndt). En même temps, le fait que l'hôpital John Hopkins effectuait des opérations de réattribution de sexe augmenta beaucoup la notoriété des théories du Dr Benjamin et ses travaux furent l'objet d'une grande attention de la part de la communauté médicale.

 

 

Diagrammes du premier protocole d'opération MtF de l'hôpital John Hopkins

 

Ci dessous, se trouvent des illustrations qui décrivent les étapes essentielles du premier protocole d'opération, tel que pratiqué à l'hôpital John Hopkins. Ce dernier est une variation de celui du Dr. Georges Burou. Ces figures sont extraites du chapitre 22 l'ouvrage "Transsexualism and Sex Reassignment" Richard Green, M.D. and John Money, Ph.D., Editors, Johns-Hopkins Press, 1969. Le chapitre 22 a été rédigé par Howard W. Jones, Jr., M.D. A cette époque, il était déjà habituel de désigner cette opération comme une "opération de réattribution de sexe" (SRS). Les illustrations elles-mêmes étaient reprises de l'article "A Sex Conversion Operation for Males with Transsexualism" de Howard W. Jones, Jr., Horst K. A. Schirmer, and John E. Hoopes publié dans American Journal of Obstetrics and Gynecology 100 (1968): 101-9. (Note: consultez les commentaires qui suivent le diagramme 10 qui n'est pas correct et qui peut induire en erreur)

 

 

Figure 1. Une esquisse du périnée montrant la ligne de l'incision primaire.

 

 

 

 

 

Figure 2. Le canal spermatique droit est attaché et ligaturé.

 

 

 

 

 

Figure 3. L'incision primaire est continuée du côté ventral, vers l'extrémité du pénis.

 

 

 

 

 

Figure 4. Le rabat antérieur est déplié à partir de la peau du pénis.

 

 

 

 

 

Figure 5. L'urètre est séparée du reste du pénis.

 

 

 

 

 

Figure 6. Les corps caverneux sont séparés afin d'assurer une souche minimale.

 

 

 

 

 

 

Figure 7. La dissection du périnée.

 

 

 

 

 

Figure 8. La dissection du périnée a été réalisée et le rabat antérieur perforé afin de positionner le méat urinaire.

 

 

 

 

 

Figure 9. Les rabats de peau sont suturés et disposés dans la cavité vaginale.

 

 

 

 

 

Figure 10. La préservation de la cavité vaginale est assurée par l'utilisation d'une prothèse vaginale adaptée.

 

 

 

Note 1: La figure 10 est très trompeuse et ne correspond pas à l'anatomie qui devrait résulter de ce protocole. Dans la figure 10, l'ouverture vaginale est beaucoup trop en avant de l'ouverture anale et l'entrée du vagin est montrée comme étant tout d'abord horizontale avant de devenir verticale après avoir passé un large pan de peau devant l'anus. (Comparez ce dessin avec les photographies récentes qui illustrent les résultats des opérations actuelles, en particulier celle qui montrer l'entrée d'un stent vaginal dans le vagin d'une femme opérée). Ce dessin très mal réalisé a probablement été à l'origine de nombreuses opérations bâclées, alors que les chirurgiens copiaient servilement le protocole de l'hôpital John Hopkins . Ils peuvent avoir pensé qu'une zone de peau épaisse était nécessaire pour éviter des déchirures du rectum. En fait, ils rendaient la dilatation du vagin beaucoup plus difficile ainsi que la pénétration lors d'un acte sexuel après l'opération. Ceci avait pour conséquence des sténoses vaginales (à savoir des pertes de profondeur et/ou de largeur de ce dernier).

 

Note 2: Avec les années, les protocoles opératoires ont été constamment améliorés. Il est aussi devenu habituel pour les femmes transsexuelles d'avoir une opération additionnelle, appelée "labiaplastie", qui améliore considérablement la construction des organes externes (en particulier des petites lèvres, ndt). Pour plus de détails sur les protocoles modernes, consultez les liens de la section intitulée "Photos détaillées de résultats d'opérations récentes de réattribution de sexe" ci-dessous.

 

 

 

L'opération devient un traitement accepté pour la transsexualité aux U.S.A.

 

Les premières informations et publications sur les opérations de l'hôpital John Hopkins coïncidèrent avec la publication du livre du Dr Harry Benjamin The Transsexual Phenomenon, à la fin de 1966. Le résultat des nombreuses années de recherches, d'observation et de pratique clinique du Dr Benjamin devint un texte fondamental en matière de transsexualité. Ce livre considéra enfin la transsexualité comme une détresse particulière, d'une importance majeure, dans laquelle les patients ont une identité sexuelle en contradiction complète avec les organes génitaux de leur corps. Ces théories et les résultats du Dr Benjamin obtinrent une attention considérable de la part de la communauté médicale américaine dans les années qui ont suivi, mais la plupart des médecins restèrent très sceptiques.

 

Puis, suite à des interactions avec le Dr Benjamin et certaines de ses patientes, des médecins de Stanford créèrent une clinique spécialisée en matière d'identité sexuelle en 1969. Elle était dirigée par le Dr Norman Fisk et le Dr Donald Laub. Des opérations de réattribution de sexe furent réalisées sur des patientes sélectionnées. Les résultats cliniques et chirurgicaux de Stanford validèrent un peu plus le fait que l'opération de réattribution de sexe est un traitement pour les personnes souffrant des sentiments les plus intenses. L'acceptation de l'opération comme un traitement sérieux et valide pour la transsexualité commença à alors à se répandre, bien que lentement, parmi les leaders de la communauté médicale américaine. Les hôpitaux du pays commencèrent à supprimer leur interdiction de ces opérations et les chirurgiens de différents endroits commencèrent à les pratiquer sur un petit nombre de patientes sélectionnées.

 

En 1969, le Dr Stanley Biber (1924-2006*), un chirurgien de Trinidad, dans le Colorado, commença à pratiquer des vaginoplastie sur la base d'informations obtenues à l'hôpital John Hopkins. Les excellents résultats de ses opérations devinrent très connus et les patientes se sont mises à le consulter en masse. Pendant de nombreuses années, le Dr Biber a effectué plus de 150 opérations de réattribution de sexe par année. En 2000, il en avait effectué 4500. Un article récent de USA Today raconte l'histoire du Dr Biber comme suit:

 

 

4A -MERCREDI 24 MAI, 2000 - USA TODAY

 

Le diminutif 'Sex-Change' fait dire à une localité du Colorado: 'ça ne dérange personne'

La transformation par voie chirurgicale est devenue banale dans cette communauté

Par Pauline Arrillaga
The Associated Press

 

TRINIDAD, Colo. - La jeune serveuse examina son client en même temps qu'elle remplissait à nouveau sa tasse de café et qu'elle demanda de manière hésitante si quelqu'un souhaitait plus de thé.

Il y avait Elise, une brunette plantureuse dans un top court, Kate une écrivaine diplômée de Harvard vêtue de treillis, d'un pull tricoté à la main et de boucles d'oreilles en perle. Il y avait encore Thea, une graphiste élégamment vêtue et Jackie, imposante en pantalons et blazer.

Dans la foule de midi, parmi des commerçants, des ménagères et des fermiers du Main Street Bakery and Cafe, ces quatre personnes ressemblaient à des modèles de mode perdus dans une ferme.

Revenant à la cuisine, la serveuse attire son patron à part et lui dit "ces femmes que je sers? Ce sont des hommes!"

Personne n'accorda cependant un autre regard à ces quatre personnes. Pas dans la "capitale du changement de sexe du monde".

Répétez cette même expression à presque tous les 9'500 habitants de cette ville, et on aurait toutes les chances d'obtenir un discours sur ce pourquoi ce hameau du sud du Colorado devrait être connu, ses paysages idylliques, son climat agréable et ses habitants chaleureux.

La plupart ne sont pas préoccupés par le fait que plus d'opérations de changement de sexe ont eu lieu dans leur ville que partout ailleurs (environ 4'500 à ce jour). Ils détestent juste le surnom de "sex-change" qui leur est attaché.

"Personne ne s'en soucie", ajoute Monica Violante, la patronne du Main Street Bakery. "C'est juste un aspect de Trinidad."

Une ville en transition

Bien qu'il n'y ait pas de statistiques sur le nombre d'opérations de réattribution de sexe, les experts du domaine sont d'accord sur le fait que le Dr Stanley Biber de Trinidad, en raison de l'année à laquelle il a commencé et en raison de son âge, en a effectué plus que quiconque.

La Fondation internationale pour l'éducation en matière de Genre ("The International Foundation for Gender Education", IFGE en anglais, ndt) a une liste de 14 chirurgiens aux USA et au Canada qui pratiquent cette opération. Et, comme le remarque la porte parole Sara Herwig, "Biber en a fait depuis plus longtemps que la plupart d'entre eux".

 

Ce qui rend Trinidad unique, ça n'est pas tant que ce soit la capitale mondiale du changement de sexe, mais le fait que cette ancienne cité minière en est venue à accepter son destin, à en dépendre et même à l'embrasser.

En 1969, Trinidad était une ville en pleine transformation. Le charbon y avait régné depuis le début du siècle. Mais, après la seconde guerre mondiale, les mines ont commencé à fermer. A la fin des années 60, il n'en restait que quelques unes.

Nombre de familles étaient parties et la rue principale, qui avait été une collection animée de grand magasins, de magasins de voitures et de restaurants était devenue une coquille vide et sans vie de façades aux volets fermés.

Mais le cabinet du Dr Biber, au quatrième étage du bâtiment de la First National Bank, était florissant.

Il était le seul chirurgien généraliste de Trinidad et il y faisait toutes sortes d'interventions, des césariennes à l'ablation de l'appendicite et à la reconstruction des palais fendus d'enfants pauvres.

Biber s'était installé là en 1954, après avoir servi comme chirurgien militaire en Corée et après avoir fini un stage à Camp Carson, à Colorado Springs.

Durant les 15 premières années, le Dr Biber s'était construit une bonne situation autour d'une pratique qu'il aimait profondément et autour d'une ville qu'il adorait. En 1969, il rencontra la patiente qui allait changer sa vie pour toujours.

Une assistante sociale qu'il avait rencontrée lui demanda de lui faire une opération. "Mais, bien sûr" lui répondit-il. "Que voulez-vous que je fasse?"

"Je suis une transsexuelle" lui répondit-elle. Et le Dr Biber lui demanda "Qu'est-ce que c'est?"

Après avoir consulté un médecin de New York qui avait effectué des opérations de réattribution de sexe et qui avait obtenu les dessins du protocole de l'université John Hopkins, le Dr Biber donna son accord pour réaliser cette opération. "Elle était très heureuse", se souvient-il "et la nouvelle commença à se répandre partout".

Avec moins d'une poignée de médecins effectuant cette intervention, Trinidad devint LA ville où il fallait venir pour une opération de réattribution de sexe et le Dr Biber devint LE chirurgien auquel il fallait la demander.

Le seul hôpital de la ville, l'hôpital Mont San Rafael, était administré par des nonnes catholiques et le Dr Biber cacha les protocoles de ses premières patientes transsexuelles. Mais il savait qu'il devrait un jour ou l'autre obtenir l'approbation de la direction de l'hôpital ainsi que des voisins. Il expliqua alors son oeuvre aux soeurs et aux ecclésiastiques locaux.

"Je décris tous les aspects psychologiques de cette question. Ils décidèrent que, tant qu'ils rendaient un service et que c'était un bon service, il n'y avait pas de raison de ne pas continuer", dit-il.

Rapidement, le Dr Biber en vint à faire des conférences aux cadres de l'hôpital et au public.

"Nous avons compris que c'était sa manière de gagner sa vie, d'étendre sa pratique" dit Linda Martinez, âgée de 54 ans, et patiente de longue date du Dr. Biber.

Des opérations lucratives

Tout le monde n'est pas d'accord. Le révérend Verlyn Hanson, pasteur de la Fisrt Baptist Church depuis trois ans dit que la ville a fermé les yeux sur l'activité du Dr Biber en raison des retombées économiques qu'elle apporte. "L'appât de l'argent est la racine de tous les maux et les gens vont passer sur de très grands péchés pour avoir une économie plus forte", dit-il.

A un moment, la pratique du Dr Biber amena environ 1 million de dollars par an de revenus à l'hôpital, selon ses estimations. La procédure de base coûte 11'000 dollars et l'hôpital en prend un peu plus de la moitié.

Au point culminant, le Dr Biber effectuait environ 150 opérations de réattribution de sexe par an. Ses patientes amenaient leur famille et leurs amis qui séjournaient dans la ville durant les 8 jours de l'hospitalisation liée à l'opération de leur proche.

Que les gens apprécient ou non ce que le Dr Biber fait, ils apprécient le docteur trapu, chauve qui porte des jeans et des chemises de flanelle et qui leur dit toujours bonjour.

Agé de 77 ans, le Dr Biber a réduit sa pratique à environ 100 opérations par an. La plus grande partie de son activité consiste toujours à s'occuper des citoyens malades de Trinidad. Il sait que la retraite n'est plus si loin et il recherche un chirurgien pour lui succéder. "Cela a commencé ici, et je veux que l'hôpital continue cette opération", dit-il.

[Fin de l'article de l'Associated Press sur le Dr. Biber]

 

*Stanley Biber, M.D.

(1924-2006)

 

Le Dr Biber a été l'un des pionniers de la chirurgie au 20ème siècle. Sur une période de 35 ans qui a commencé en 1969, il a réalisé plus de 5000 opérations de réattribution de sexe. Presque à lui tout seul, il a fait de cette interention le traitement reconnu et accepté pour les personnes transsexuelles aux U.S.A. Il était trés aimé et respecté de la communauté trans. Il est décédé le lundi 16 janvier 2006 à l'âge de 82 ans.
 

 

 

 

Le protocole actuel pour recommander des patientes à une vaginoplastie (SRS)

 

La vaginoplastie (l'opération de réattribution de sexe) est une étape finale, dramatique et irrévocable dans une transition d'un corps d'homme vers un corps de femme. Elle est habituellement entreprise seulement après une très profonde introspection et après avoir considéré toutes les options avec un professionnel de la relation d'aide. Pour les personnes qui ont besoin d'une restauration complète de leur corps, cette opération leur sauve la vie et l'améliore de manière miraculeuse. Elle est indispensable pour leur permettre de mener une vie pleine et joyeuse par la suite. Mais suivre un désir erroné d'une transformation complète peut avoir des conséquences psychologiques permanentes terrifiantes. Le cadre de ce processus est présent dans l'introduction aux concepts d'identité sexuelle, d'identité transgenre et de transsexualité (Fr) qui se trouve ailleurs sur le site de Lynn.

 

Les standards de prise en charge de l'association Harry Benjamin Internationale pour la Dysphorie de Genre (HBIGDA) définit le protocole actuellement accepté pour la prise en charge médicale des femmes transsexuelles (il existe un autre protocole pour les hommes, ndt). Ces standards décrivent tous les aspects de la prise en charge médicale, y compris les exigences pour l'expérience de la vrai vie (autrefois connus sous le nom de "test de la vraie vie", "real life test" en anglais) et d'autres exigences qui doivent être satisfaites avant qu'une femme transsexuelle puisse être recommandée à un chirurgien pour une opération de réattribution de sexe. La plupart des chirurgiens qui effectuent des vaginoplastie n'acceptent que des patientes qui sont prises en charge selon ces standards et qui disposent de lettres de recommandation appropriées de la part de leur thérapeute (ce qui pose de graves problèmes dans les pays dans lesquels les psychiatres refusent toute prise en charge respectueuse des personnes transsexuelles, comme c'est, entre autres, trop souvent le cas en Europe francophone, ndt).

 

Pour plus d'informations sur la prise en charge des personnes transsexuelles sur les procédures liées à la transition, consultez le site d'Andrea James TS Roadmap, qui contient des informations très précieuses pour toute personne envisageant une transition. Pour plus d'informations concernant la vaginoplastie, consultez la page d'Andrea's sur la vaginoplastie et consultez les nombreux liens qui s'y trouvent.

 

 

 

Des photos de résultats de vaginoplasties récentes

 

Durant les années 80 et plus encore durant les années 90, il y a eu des progrès constants dans les techniques en matière de vaginoplastie. Quand elles sont réalisées par les chirurgiens les plus expérimentés, les résultats deviennent nettement plus prédictibles que durant les premières années, tant en ce qui concerne l'apparence que le fonctionnement. Il y aussi beaucoup moins de problèmes. (Note: nous utilisons maintenant de plus en plus le terme de vaginoplastie plutôt que celui d'opération de réattribution de sexe. Ce terme communique mieux le fait que le but est de construire des organes externes féminins fonctionnels, à savoir un vagin (des lèvres et un clitoris, ndt)). Il est maintenant très fréquent que le vaginoplastie soit suivie, plusieurs mois plus tard par une labiaplastie, afin d'améliorer les lèvres.

 

Voici ci-dessous des photographies détaillées d'organes féminins externes créés par une une vaginoplastie et une labiaplastie. Ces photos mettent en valeur les progrès remarquables des opérations modernes de réattribution de sexe. Dans le cas de ces photos, les opérations ont été effectuées en 1999-2000 par le Dr Eugene Schrang., de Neenah, Wisconsin. Les patientes sont dans la même orientation que dans le cas de la figure 10 ci-dessus (i.e. Sur des étriers avec les jambes écartées et les lèvres séparées). La photo du milieu montre les petites et les grandes lèvres séparées et elle est étiquetée pour montrer le clitoris (c), l'ouverture de l'urètre (u) et l'ouverture du vagin (v). Les lettres (z) désignent les endroits ou des incisions ont été faites durant la labiaplastie pour construire le capuchon du clitoris. Notez la proximité anatomiquement tout à fait normale entre le vagin et l'anus (consultez les liens web à la fin de cette page si vous souhaitez voir plus de photos de résultats d'opération de réattribution de sexe et plus de résultats de labiaplastie):

 

 

 

 

Résultats d'opérations modernes de réattribution de sexe effectuées par le Dr.

Eugene Schrang,  de Neenah, WI

 

 

 

Voici une photo de l'apparence des organes sexuels externes d'une patiente transsexuelle une année après l'opération de réattribution de sexe qui a été effectuée à Montréal, au Canada, à la Clinique des Dr. Yvon Menard, et Pierre Brassard. ( Français).  Dans ce cas, la patiente a été photographiée les jambes fermées et nous regardons depuis le dessus depuis le dessus. De ce fait, les grandes lèvres sont pressées l'une contre l'autre et les détails internes de ses organes génitaux ne sont pas visibles. Cette photo est tout à fait typique de l'apparence tout à fait normale des organes sexuels des femmes transsexuelles après leur vaginoplastie. Notez également que, si c'est nécessaire pour produire une apparence complètement naturelle, une épilation peut avoir été réalisée sur la zone génitale afin de supprimer les poils gênants de la zone des lèvres.

 

 

 

 

 

 

 

Soins Postopératoires suite à une Vaginoplastie (SRS)

 

Dans la période qui suit immédiatement l'opération, la personne fera l'objet de soins attentifs de la part de son chirurgien et de l'équipe infirmière de l'hôpital. Elle apprendra alors dans quelle mesure son opération a réussi, ou si des complications se sont produites. Plus tard, après avoir quitté l'hôpital, elle va devoir prendre la responsabilité des soins à long termes, et le résultat final va dépendre de la qualité de sa prise en charge.

 

Une grande proportion des opérations récentes de réattribution de sexe effectuées par les meilleurs chirurgiens sont complètement réussies, esthétiquement et fonctionnellement et ne présentent pas de complication importante. Cependant, celles qui sont pratiquées par des chirurgiens moins expérimentés peuvent donner lieu à des complications, et même les meilleurs d'entre eux vont rencontrer des problèmes de temps à autres. Les complications peuvent impliquer des infections mineures, des saignements, un rejet et une perte d'une partie de la peau greffée (ou réutilisée). La plupart de ces complications mineures peuvent être traitées facilement et seront guéries avant même que la personne ne quitte l'hôpital.

 

Il y a cependant des risques de complications plus sérieuses. Toute personne envisageant une opération de réattribution de sexe doit en être consciente et s'assurer de pratiquer avec les meilleurs chirurgiens de son pays ou de l'étranger, qui ont, de manière démontrable, un nombre très limité de complications sérieuses. Les complications les plus sérieuses incluent des infections ou des hémorragies majeures, des dégâts à la vessie, à la prostate ou à des nerfs majeurs durant la dissection nécessaire pour former le vagin. Ces complications peuvent être difficiles à contrôler et à corriger, elles peuvent nécessiter un prolongement important du séjour hospitalier, voire mener à des dégâts permanents.

 

Une des complications les plus craintes est la formation d'une fistule entre le vagin et le rectum. Ceci peut se produire durant la création de la cavité vaginale, si une ouverture est créée par accident au travers de la paroi du rectum. Elle peut aussi se produire suite à la mort de tissu entre le rectum et le vagin, suite à la pression de la prothèse qui est utilisée dans la période qui suit immédiatement l'opération. Une fistule permet aux excréments de passer dans le vagin. Ils empêchent une bonne cicatrisation de la fistule et présentent un danger d'infection. La seule manière de réparer les dégâts est de pratiquer une colostomie, et la personne peut devoir porter une poche (pour recueillir les selles) durant de nombreux mois, pendant que la fistule guérit. La dilatation du néovagin peut se révéler impossible durant cette période ce qui peut avoir pour conséquence une fermeture du néovagin. La patiente peut alors avoir besoin d'une deuxième opération de réattribution de sexe à partir de greffons de peau. (Il faut aussi noter que la région périnéale dans laquelle a lieu l'opération est fortement innervée et qu'on y trouve des nerfs essentiels pour le contrôle de l'urine et des selles. Une coupure accidentelle de ces derniers peut avoir des effets irréversibles, ndt).

 

[Note: de telles complications sont, le plus souvent, conservées confidentielles, car la patiente dépend complètement de son chirurgien pour réparer les dégâts. Elle hésitera alors énormément à se l'aliéner en révélant publiquement les complications qui se sont produites. Elle est aussi très marquée émotionnellement et ne voudra pas mettre sur la scène publique les moments très pénibles qu'elle traverse. Assurez vous donc de recourir au MEILLEUR chirurgien, si vous voulez réduire au minimum le risque de complications aussi terribles.]

 

Une fois sortie de l'hôpital, la principale préoccupation de la femme récemment opérée est de s'assurer que son vagin cicatrise correctement et qu'il conserve sa taille et sa fonctionnalité. Pour y arriver, la patiente doit dilater très régulièrement à l'aide de stents vaginaux pour une longue période suivant l'opération. Il y a plusieurs fournisseurs pour de tels stents et votre chirurgien va probablement vous en recommander un. Un fournisseur actuel pour des stents est Duratek Plastics of Canada.

 

Le diamètre des stents varie typiquement entre 1-1/8 et 1-1/2 pouces (28 à 38 mm). Ils doivent être insérés aussi profondément que possible (au minimum de 4 à 6 pouces) dans le vagin pour des périodes de 30-40 minutes, plusieurs fois par jour, de nombreux mois après l'opération. Les stents toujours plus larges sont utilisés afin d'élargir progressivement le vagin, puis de maintenir son ouverture durant la période suivant l'opération. Par la suite, surtout en cas de périodes prolongées d'inactivité sexuelle, une dilatation est nécessaire une à deux fois par semaine afin de maintenir la taille du vagin. Même après de nombreuses années, si la femme remarque quelque rigidification ou quelque réduction de son vagin d'une semaine à l'autre, elle devra accroître la fréquence des dilatations jusqu'à ce que le problème ait disparu.

 

Pour plus d'informations au sujet de la dilatation et des soins postopératoires, étudiez attentivement l'article Zen and the Art of Postop Maintenance. Nous ne pouvons pas assez insister sur l'importance de suivre rigoureusement ces dilatations selon le planning prévu par votre chirurgien. Nombre de cas de mauvais résultats ne sont qu'apparents et sont la conséquence d'une pratique de la dilatation qui manque de rigueur, en particulier dans les mois critiques qui suivent l'opération. (la première minute de la dilatation peut se révéler franchement désagréable, quand ça n'est pas un peu douloureux. Il est cependant essentiel de ne pas réduire les dilatations, ndt)

 

Ci-dessous, se trouve une photo d'une femme transsexuelle récemment opérée et dont les poils pubiens n'ont pas encore repoussé. Elle entreprend sa dilatation vaginale initiale (après avoir été opérée par le Dr. Suporn dans sa clinique en Thaïlande). Notez que la profondeur qui peut être atteinte durant la vaginoplastie dépend de la technique chirurgicale, du tissu pénien et scrotal disponible ainsi que de l'anatomie du pelvis de la patiente. La plupart des patientes qui sont passées par les meilleurs chirurgiens atteignent une profondeur de 4 à 6 pouces. Ici, vous voyez un résultat supérieur à la moyenne: une profondeur qui se situe entre 6 et 6.5 pouces. Le stent utilisé sur cette photo a un diamètre de 30 millimètres. Comme vous pouvez le voir, le stent pénètre le corps à la base de la vulve et selon un angle normal avec le torse. La géométrie de cette patiente est la même que celle de n'importe quelle femme et elle va pouvoir pratiquer les positions habituelles lors de ses relations sexuelles.

 

 

 

 

 

Lynn recommande vivement à toutes les personnes qui vont passer par l'opération de trouver un généraliste ou un gynécologue digne de confiance. Dites leur ce que vous êtes en train de faire, de manière à ce qu'ils puissent vous aider si une complication mineure se produisait une fois de retour. Malheureusement, peu de médecins comprennent ce qu'est une telle opération. De ce fait, si vous avez une complication soudaine à la maison, vous pouvez avoir du mal à trouver une aide compétente. Nombre de médecins auront peur de vous aider par peur que leur manque d'expérience ne mène à des erreurs médicales. Cela vaudrait vraiment la peine si les meilleurs chirurgiens donnaient des informations sur les soins qui suivent l'information, avec une partie destinée aux généralistes et aux gynécologues. Cela pourrait les rassurer et leur donner confiance dans leur capacité à aider une femme opérée.

 

Note: l'absence de prise en charge médicale a été un problème majeur pour les femmes opérées par le passé. Nombre de femmes revenaient de l'étranger avec d'importantes complications, durant les années 60 et 70, et ne pouvaient pas trouver d'aide aux Etats-Unis. Certaines furent même éjectées de locaux d'urgence médicale, alors que leur vie était en danger suite à des complications. Certaines sont mortes par manque d'accès à des soins de base suite à leur opération. Par chance, la situation n'est plus aussi grave dans la plupart des cas. Mais, pour ne pas prendre de risque inutile, ASSUREZ-VOUS d'avoir accès à des soins médicaux AVANT de partir pour votre opération.

 

Toutes les patientes opérées devraient s'assurer avec soin, que des craintes et la gène ne les empêchent pas d'obtenir les soins dont elles ont besoin. Si vous avez quelque problème que ce soit, si vous avez des doutes sur votre état, allez voire un docteur! Ne laissez pas une infection mineure ou une hémorragie mal placée ou la douleur vous empêcher de pratiquer vos dilatations! S'il y a quelque problème que ce soit, consultez et, si nécessaire, contactez votre chirurgien. Vous ne devez RIEN laisser vous empêcher de pratiquer vos dilatations, sans quoi vous risquez de perdre votre vagin.

 

Après quelques mois, la cicatrisation sera bien engagée et vous pourrez vous relaxer un peu. La fréquence des dilatations va baisser et vous allez commencer à sentir de nouvelles formes d'excitations sexuelles (Cela peut prendre nettement plus longtemps, sans que ce soit le signe de manque de réussite de votre opération. Souvenez-vous que le désir, l'excitation sont des choses subtiles qui n'impliquent pas que notre corps. Vous pouvez aussi avoir à vous re-découvrir, ndt). A ce moment, vous pourrez vous lancer pleinement dans votre nouvelle vie sexuelle de femme.

 

 

Quelques questions pratiques:

 

La dilatation nécessite une lubrification et nombre de femmes opérées utilisent des lubrifiants solubles dans l'eau tel que le K-Y. Cependant, si vous avez besoin de lubrifier, en voyage, dans les toilettes ou des situations similaires (afin de continuer la dilatation dans toutes les circonstances, ndt), le K-Y est problématique, car il nécessite un lavage avec pas mal d'eau pour l'enlever. Certaines huiles minérales peuvent être une alternative abordable pour la dilatation. Elles fonctionnent bien et ne nécessitent pas de lavage. Elles peuvent être enlevées presque complètement avec du papier WC, sans eau et sans produire une sensation "huileuse". Le seul problème en voyage est que vous devez emballer votre bouteille dans un conteneur étanche pour le cas où de l'huile suinterait hors de la bouteille.

 

La lubrification est aussi souvent nécessaire durant les relations sexuelles. Pour cela aussi, il existe une alternative au K-Y. Astroglide est un bien meilleur lubrifiant, on en utilise moins et la sensation est nettement moins "gluante", beaucoup plus proche de celle que produisent les sécrétions naturelles. Il est durable et également soluble dans l'eau. Le seul problème est que les bouteilles d'Astroglide ont une petite ouverture qui est très coupante, alors faites attention à vous et à votre partenaire quand vous l'utilisez!

 

Une femme opérée peut avoir besoin d'une douche vaginale de temps à autres, en particulier après une relation sexuelle, afin de garder son vagin propre et sans odeur. Il y a de nombreuses préparations qui sont adaptées. Elles viennent avec différents parfums et différentes concentrations. Lynn préfère des mélanges à base d'eau et de vinaigre, mais tous les mélanges fonctionnent bien et vous permettront de nettoyer votre vagin. La manière la plus simple d'utiliser ce genre de douche est debout dans la baignoire, de se relaxer et d'insérer doucement l'extrémité de la poire dans le vagin. Une fois enfoncée, videz la poire en pressant dessus et laissez le fluide s'écouler le long de vos jambes, puis rincez-vous. (En Europe continentale, on trouve des poires multi usages, mais je n'ai jamais entendu parler de poires pré-remplies avec une préparation, ndt.)

 

La plupart de ces douches préparées telles que celles de la marque Massengill ont une extrémité conique qui se termine par une pointe très fine, presque réduite à un point. Elles peuvent être un peu douloureuses à insérer, en particulier durant les premiers mois après l'opération. Au fur et à mesure que vous l'insérez, vous pouvez sentir le caractère pointu de la cannelure (avec la fente d'où le fluide sera éjecté). De ce fait, il vous faut bien lubrifier la cannelure afin de pouvoir pratiquer correctement sans que ce soit déplaisant. (Avec les poires rondes disponibles en Europe continentale, je n'ai jamais rencontré de problème, ndt).

 

Il y a cependant une marque de douche, "Summers Eve" qui utilise une extrémité hémisphérique plus large, de la taille d'un petit doigt. La cannelure derrière cette extrémité est de plus faible diamètre que cette dernière. Ces douches s'insèrent très facilement et sans douleur avec un minimum de lubrification sur l'extrémité.

 

Au début, peu après l'opération, la femme peut avoir des difficultés quand elle urine, la miction partant dans toutes les directions. Cependant, au fur et à mesure que l'ouverture de l'urètre cicatrise, elle pourra diriger son urine de manière plus prédictible. Savoir comment s'asseoir et comment positionner l'ouverture de l'urètre peut nécessiter un petit apprentissage, le même que celui que font les petites filles.

 

Nombre de femmes opérées, à un moment où à un autre, deviennent très soucieuses de l'apparence de leurs organes sexuels. Elles se demandent s'ils paraissent normaux et si leur vagin est assez profond pour une relation sexuelle. Ces peurs peuvent être paralysantes et empêcher une femme de se relaxer, d'avoir du plaisir, de découvrir pleinement son corps, puis de chercher des partenaires amoureux et d'envisager une relation sexuelle avec un partenaire. La perspective d'une relation peut alors devenir paniquante. Les femmes récemment opérées doivent savoir que tant qu'elles ont un vagin profond de 4 pouces (10 centimètres), elles pourront avoir des relations satisfaisantes avec la plupart des hommes de taille moyenne. Plus que 4 pouces, c'est mieux, mais 4 pouces suffisent. La plupart des femmes opérées ont au moins cette profondeur et n'auront pas de problème. Il vous faut aussi savoir que la plupart des hommes sont intimidés par le sexe des femmes et ne vont pas vous examiner de près. Si vous avez du plaisir durant les relations sexuelles, que vos organes fonctionnent bien, vous n'avez pas besoin de vous soucier de paraître parfaite.

 

D'autre part, nombre de femmes ne sont pas au clair en ce qui concerne l'apparence de leurs propres organes. Une controverse récente en Australie illustre le problème. La plupart des femmes n'ont pas vu les détails de la vulve d'autres femmes, mais, aujourd'hui, il leur arrive souvent de voir des photos d'autres femmes dans les magazines pornos de leur partenaire. En Australie, les magazines masculins tels que Playboy et Penthouse ont l'obligation "d'embellir" et de simplifier numériquement l'apparence des organes génitaux sur leurs photos, sans quoi ils ne peuvent être vendus que sous couverture plastique.  Il en résulté que, en voyant ces photos modifiées, nombre de femmes en Australie ont acquis une idée complètement irréaliste de l'apparence de la vulve de la plupart des femmes et ceci  a conduit nombre d'entre elles à consulter des chirurgiens plasticiens pour leur demander de faire en sorte que leurs propres organes génitaux aient l'air normaux! Cette histoire devrait aider la plupart des femmes opérées à se relaxer et à ne pas trop se soucier de l'apparence de leurs organes génitaux. Il y a une grande variation dans l'apparence des vulves et la plupart des femmes opérées aujourd'hui se trouvent sans problème dans la partie "normale" de ce spectre. (Les femmes lesbiennes sont dans une situation quelque peu différente, car leur partenaire va s'intéresser de près à leurs organes sexuels. Mais n'oubliez pas qu'il y a de nombreuses variations dans la nature et qu'une relation basée sur l'honnêteté, le respect mutuel et l'amour passe sur toutes les éventuelles "imperfections".  Ndt.)

 

Il se trouve aussi que nombre d'hommes apprécient les relations sexuelles avec les femmes opérées car elles leur semblent plus "étroites" que les autres femmes. Tout comme ces dernières, elles peuvent également utiliser leurs muscles abdominaux pour enserrer le pénis de leur partenaire et renforcer encore cette sensation. Mais vous devez cependant prendre soin de dilater au moins jusqu'à un diamètre de 35mm (1 pouce 3/8) afin de n'avoir aucun problème avec un homme de taille moyenne. 38mm (1 pouce 1/2) est encore mieux. Rappelez vous aussi que votre vagin manque d'élasticité et qu'il ne se dilatera que jusqu'à la taille maximale pour laquelle vous avez déjà dilaté et pas au-delà. Si vous avez des doutes au sujet d'un partenaire potentiel, prenez le temps d'évaluer la possibilité d'avoir une relation sexuelle avec lui avant de vous y lancer. Si son pénis est irrémédiablement trop large pour vous, il vous faudra trouver quelqu'un d'autre.

 

 

 

 

Excitation, activité sexuelle et orgasmes chez les femmes transsexuelles opérées

 

De nombreux mythes entourent les effets de l'opération de réattribution de sexe sur la libido, la sexualité et la capacité de ressentir un orgasme. Avant l'opération, nombre de femmes sont soucieuses de savoir si elles pourront avoir une vie sexuelle épanouie après l'opération, et c'est compréhensible. Elles sont tout particulièrement soucieuses de savoir si elles pourront ressentir de fortes excitations et des orgasmes. La possibilité de pouvoir ressentir aisément une excitation, de désirer un contact intime et sensuel et d'obtenir un apaisement de son désir sexuel par le biais d'un orgasme est un don précieux dans une relation amoureuse, en particulier quand il est combiné avec le désir de donner un plaisir plein et complet à son (ou sa, ndt) partenaire. La perte de cette possibilité pourrait empêcher une femme opérée de faire pleinement l'expérience de son humanité après la transition. Elle pourrait l'empêcher de vivre une relation amoureuse profonde, passionnée et pleine. Mais, comme nous le verrons, l'opération de réattribution de sexe permet aux femmes qui le recherchent d'expérimenter pleinement les joies du sexe et d'une relation sexuelle et, finalement, de jouir enfin d'une vie pleine.

 

 

Mythes et réalités en ce qui concerne la décision d'entreprendre une opération de réattribution de sexe.

 

Nombre de personnes imaginent que la perte des organes sexuels externes masculins a pour conséquence la perte complète de toute sexualité. Ce mythe naïf (et complètement erroné, ndt) effraie sans raison de nombreuses femmes avant l'opération et il renforce les préjugés contre les femmes opérées,qui sont souvent imaginées par le grand public comme ayant elles-mêmes supprimé toute sexualité.

 

Il n'y a pas de doute qu'un homme typique soufrerait gravement de la perte de ses organes sexuels externes dans l'image de son corps et dans sa libido. Mais on sait aussi depuis longtemps qu'avec une relation d'aide et de la pratique, même les hommes qui ont perdu leurs organes sexuels en raison d'un cancer peuvent récupérer leur capacité à ressentir de l'excitation sexuelle et même la capacité d'avoir des orgasmes.

 

D'autre part, les femmes transsexuelles n'ont rien à voir avec des hommes. Elles ne souffrent pas d'un impact négatif sur l'image de leurs corps à l'issue d'une opération de réattribution de sexe. En fait, cette dernière est très largement améliorée (c'est vraiment le moins que l'on puisse dire! Ndt). L'expérience d'innombrables femmes Hijras en Inde démontre que même des formes primitives d'opérations ne suppriment pas toute sexualité chez les femmes transsexuelles. En fait, elle aide la grande majorité d'entre elles. Sur les femmes transsexuelles, l'opération de réattribution de sexe a un effet inverse à celui qu'elle aurait sur des hommes. Elle libère et stimule la libido des femmes transsexuelles, ce qui leur permet de ressentir de fortes excitations et d'apprécier pleinement les relations sexuelles, jusqu'à l'orgasme avec un-e partenaire.

 

Les mythes et le manque de compréhensions des effets réels des opérations de réattribution de sexe a pour conséquence de maintenir de nombreuses femmes transsexuelles dans un état d'indécision quant à leur propre opération. Quand bien même elles peuvent ressentir un besoin intense d'entreprendre cette opération pour restaurer enfin leur corps et le mettre en harmonie avec leur identité sexuelle, certaines personnes peuvent aussi ressentir une très grande crainte de ne pas pouvoir vivre d'excitation et d'orgasmes après l'opération. (pour d'autres personnes, cet effet joue moins, dans la mesure où elles sentent que leur vie ne peut de toute manière pas être pire que ce qu'elle est, ndt).

 

Cette peur est accrue par les histoires de transitions ratées qui circulent, qu'elles soient le fait de travestis intensifs, de drag queens ou de personnes qui se sont lancées dans l'opération pour diverses raisons, mais qui ont une identité sexuelle masculine et qui se rendent compte après l'opération que leur libido est grandement réduite et qu'elles ont perdu leur capacité de ressentir un orgasme. Consultez la "section d'AVERTISSEMENT " (Fr) dans les pages de Lynn pour vous assurer que vous avez pleinement conscience de ce qui peut arriver quand une personnes qui a une identité sexuelle masculine entreprend par erreur une vaginoplastie. Ces cas ont existé et ont contribué à créer une aura très négative et beaucoup de confusion autour de l'opération de réattribution de sexe). (Même si ces cas existent et s'il est indéniable qu'ils ont des conséquences dramatiques, il est frappant de constater l'asymétrie avec laquelle sont traités les cas d'opérations qui ont eu lieu à tort (qui ont beaucoup de publicité) et ceux, bien plus nombreux, de personnes qui ne reçoivent pas l'aide dont elles ont besoin et dont les conséquences sont au moins aussi dramatiques, ndt).

 

section d'AVERTISSEMENT (Fr)

 

D'un autre côté, nombre de personnes transsexuelles arrivent à utiliser leur expérience sexuelle d'avant l'opération, pour sentir qu'elles auront la possibilité de ressentir des excitations et des orgasmes après l'opération. Ce fut le cas de Lynn. Avant l'opération, nombre de femmes cachent leurs organes génitaux en insérant leurs testicules dans l'abdomen et en cachant leurs organes génitaux dans l'entrejambe (avec des dessous très serrés ou avec des adhésifs). Dans cette configuration, le pénis ne peut pas recevoir assez de sang pour qu'une érection ait lieu. Mais même si la partie externe du pénis ne peut pas être en érection, la personne ressent cependant un embrasement depuis l'intérieur de son corps quand elle est excitée, par exemple, par l'attention que lui porte une autre personne. En plus, les parties des corps caverneux qui sont à l'intérieur de son corps peuvent être en érection quand la personne est excitée sexuellement et cette excitation est très agréable – alors même que la partie externe du pénis est flasque. La stimulation sexuelle obtenue par frottements ou en caressant la zone génitale et la poitrine peut alors amener une femme assez excitée à l'orgasme.

 

C'est à partir d'expériences de ce genre que les femmes en attente de leur opération peuvent sentir qu'après leur opération, les restes des corps caverneux à l'intérieur de leur corps vont encore pouvoir s'engorger de sang et se mettre en érection, et elle pourra alors vivre une pareille expérience d'excitation sexuelle après l'opération. En plus, après l'opération, la femme pourra ressentir de merveilleuses sensations en caressant son clitoris et elle pourra maintenant en jouir ouvertement sans plus ressentir de l'angoisse et un conflit en raison d'un corps difforme.

 

Il y a donc de nombreuses dimensions à la sexualité des femmes opérées et les effets réels de la vaginoplastie sur la capacité de ressentir des excitations sexuelles et des orgasmes peuvent varier de cas en cas. Les personnes qui ont une identité sexuelle masculine et qui ont besoin d'excitation de leurs organes externes peuvent ressentir une très grande perte. Les personnes qui sont "quelque part au milieu" sont susceptibles de ressentir un mélange de gain et de perte. Les personnes qui ont une identité sexuelle féminine et qui ressentent un fort désir féminin ont de fortes chances de bénéficier grandement de cette opération qui leur permettra de vivre enfin pleinement leur sensualité et leur sexualité. Tout ceci dépend aussi du fait que la personne a une libido normale, que rien ne l'empêche d'accueillir pleinement sa sensualité et sa sexualité et cela dépend aussi du succès de l'opération.

 

La décision d'entreprendre une opération de réattribution de sexe doit donc résulter d'une grande quête intérieure et d'une complète honnêteté envers soi-même en ce qui concerne sa propre identité sexuelle, l'image que l'on a de son corps et les réactions probables aux changements induits par l'opération. Ceci est tout particulièrement vrai si la capacité de ressentir une excitation sexuelle et un orgasme est spécialement importante pour la personne. Mais, pour les personnes pour lesquelles l'opération est le bon choix, elle peut les libérer complètement du piège dans lequel elles se trouvaient et leur permettre de vivre enfin pleinement leur vie sexuelle et amoureuse.

 

 

Premières réactions sexuelles chez les femmes TS opérées: le début d'une nouvelle puberté

 

Il existe une large palette de libidos parmi les femmes opérées, tout comme parmi les femmes qui n'ont pas eu besoin de passer par